Elevage piscicole : Ne pas rouler les consommateurs dieppois dans la farine !

En région dieppoise, les pisciculteurs ne sont pas favorables au retour des protéines animales transformées. Le sujet fait toutefois débat au plan national.

Dernière mise à jour : 26/02/2013 à 20:37

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Après la polémique de la viande de cheval, celle des farines animales : la Commission européenne, à Bruxelles, vient d’autoriser les pisciculteurs à nourrir leurs poissons avec des farines de porc ou de volaille exclusivement, à partir du 1er juin. Un moyen de nutrition toujours critiqué par les consommateurs. Delphine Batho, la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, s’est d’ores et déjà positionnée contre l’utilisation des PAT, les Protéines animales transformées. Elle souhaite ainsi la mise en place d’un label « Sans farine animale » pour la filière piscicole.


« Nous avons toujours eu de l’avance en ce qui concerne la réglementation des farines animales, annonce Dominique Charles, directeur de la coopérative Bretagne Truites, dont dépendent les piscicultures de Muchedent et Biville-la-Rivière. En 1996, nous avions anticipé la crise de la « vache folle » en interdisant cinq ans avant l’Union européenne les farines animales »
.

Emmanuel Curet, responsable qualité à Muchedent, confirme : « Nous nous sommes engagés, avec la grande distribution notamment, à fournir du poisson qui ne contient ni PAT, ni OGM. Nous avons un cahier des charges très strict contrôlé régulièrement par un bureau indépendant ». Il pense également que les consommateurs ne seraient pas enclins à consommer des poissons nourris à la viande. « Je ne crois pas que l’on va changer de stratégie, surtout avec la polémique du moment avec les lasagnes pur bœuf etc. », conclut-il.

Un avis partagé par Jean-Luc Duplessis, gérant d’étangs de pêche à Saint-Germain-d’Etables. En pleine préparation pour la saison qui débutera en avril, il ne comprend pas ce retour à l’autorisation des farines animales. Il regrette le temps où les aliments des poissons d’élevage étaient naturels : « Il ne fallait pas revenir sur l’interdiction d’utiliser des farines animales. Il y a 35 ans, on nourrissait les truites avec du poisson broyé. Il était impropre à la consommation et pourtant, il n’y a jamais eu de problèmes sanitaires. Aujourd’hui, les granulés ont remplacé le naturel… Et si on instaure les farines, l’origine de ces produits sera toujours difficile à contrôler. Cela peut devenir une porte ouverte au grand n’importe quoi » s’inquiète-t-il. Le gérant Saint-Germinois rejoint donc l’idée de Delphine Batho sur la création d’un label spécifique sans farine. « Je pense que plus il y aura d’indications sur les produits pour les clients, mieux ce sera ». Mais Jean-Luc Duplessis, comme tout consommateur, n’est pas dupe. « Les étiquettes peuvent aussi mentir » concède-t-il.

Ce ne sont pas les amateurs de plats surgelés au bœuf qui le contrediront. Et en cette période de méfiance, les farines animales n’ont pas la cote dans le monde des arêtes.

D. W.

  1. s banc
    1 mars 2013 12:59
    Mais à quoi sont donc nourries ces truites, ce sont des poissons carnivores, non ? Dans les granulés actuels, ce sont tout simplement des farines animales mais de poissons. Ne vaut il pas mieux valoriser les protéines animales de boeufs, porcs et autres plutôt que de les gaspiller et pêcher des poissons sauvages par milliers de tonnes pour nourrir ces poissons d'élevage ? Il n'y a pas de scandale à nourrir des truites avec des protéines animales, c'est leur nourriture "normale", dans la nature, elles mangent d'autres poissons, des insectes, des vers...

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