Le Tréport Le phoque aurait été tué par un pêcheur

Un pêcheur tréportais comparaissait, vendredi 12 avril, devant le tribunal de Dieppe. Il est soupçonné d'avoir tué un phoque retrouvé mort sur la plage du Tréport.

Dernière mise à jour : 16/04/2013 à 10:43

L'affaire a été examinée vendredi 12 avril par le tribunal de Dieppe.
L'affaire a été examinée vendredi 12 avril par le tribunal de Dieppe.

Il aura fallu qu’un phoque mort soit retrouvé sur la plage du Tréport pour que l’Office national de la chasse et de la pêche intensifie ses contrôles auprès des pêcheurs qui ont pour habitude de poser des filets fixes à l’embouchure de la Bresle. La zone à cet endroit est en effet protégée et la pêche interdite à moins de deux kilomètres de l’embouchure dans la mesure où la Bresle est classée comme un cours d’eau migratoire pour les saumons et truites de mer.

L’affaire du phoque tué de la main de l’homme – constaté par autopsie – a déclenché une salve d’infractions auprès de pêcheurs peu soucieux de la réglementation, installant notamment les filets dans la zone interdite et n’ayant pas toujours leur autorisation préfectorale de pêche.

Espèce protégée

Trois affaires ont ainsi été jugées à l’audience du tribunal de Dieppe, vendredi dernier, et d’autres devraient suivre. Le phoque étant une espèce protégée, les associations de défense comme la Fédération départementale de pêche et de protection dans les milieux aquatiques et l’association Picarde Nature sont montées au créneau.
Toutes deux réclament respectivement 2 000 euros et 1 000 euros de dommages et intérêts au présumé auteur des faits. Car l’enquête a permis de remonter aux filets de ce jeune pêcheur tréportais qui s’était vanté auprès d’un ami et de membres de sa famille d’avoir tué d’un coup de couteau un phoque !
Selon les déclarations du beau-frère, il s’en serait pris au phoque car il en avait assez que l’animal vienne lui détruire ses filets et lui manger le poisson ! Face au tribunal, le prévenu conteste et déclare s’être vanté juste pour se rendre intéressant.

« Pourquoi se vanter d’une chose qu’on n’a pas faite alors ?  », s’interroge le parquet. Le substitut du procureur rappelle que la Bresle est un cours d’eau classé et que le mois de mai est la période propice à la remontée des poissons migrateurs : « Poser ses filets à l’embouchure empêche les poissons de remonter dans le cours d’eau et c’est très néfaste pour la ressource car ils ne peuvent pas se reproduire !  » Deux mois de prison avec sursis, 800 euros d’amende et le retrait de son autorisation de pêche sont requis à l’encontre du jeune pêcheur.
Me Capitaine, pour la défense, souligne qu’il n’est pas établi que son client est le propriétaire des filets car « ils n’ont pas été identifiés ». Elle conclut sur le fait qu’il pêche avec une autorisation valide alors que plein d’autres le font sans. Dans cette affaire, le tribunal donnera son délibéré au 3 mai prochain.

Zone interdite

Les deux affaires suivantes concernent trois pêcheurs qui ont pratiqué leur activité en zone interdite. Elles s’inscrivent dans la série des contrôles effectués par l’office national de la chasse et de la pêche dont le représentant à l’audience, soulignait qu’au cours de ces vingt dernières années, s le règlement ne s’était jamais vraiment appliqué : « Il y avait une certaine anarchie et nous avons fait le ménage ».

Dans le cadre d’une opération de surveillance, les trois pêcheurs concernés ont été pris en train d’installer leurs filets à moins des deux kilomètres réglementaires : 700 mètres pour les deux premiers et 600 mètres de l’embouchure de la Bresle pour le troisième.
Les trois hommes se défendent en disant qu’il est bien difficile de cerner les distances. L’un explique même que son filet a dérivé à cause du mauvais temps, il est marin pêcheur à la retraite ! Mille euros de dommages et intérêts sont réclamés par la fédération de pêche de Seine-Maritime : « Ces comportements mettent à néant tous nos efforts pour repeupler les cours d’eau !  »

Le parquet requiert à leur encontre des amendes allant de 600 à 1 000 euros ainsi qu’une suspension de leur autorisation de pêche. Le tribunal a statué sur 1 000 euros dont 500 avec sursis et une suspension de six mois de l’autorisation de pêcher pour l’un, 600 euros d’amende dont 300 avec sursis pour son complice, 800 euros dont 400 avec sursis et six mois de suspension de l’autorisation de pêche pour le marin pêcheur retraité. Les différentes parties devront s’acquitter de 600 et 500 euros de dommages et intérêts. La pêche n’aura pas été bonne pour cette fois !

Le Tréport, 76

  1. [...] – sa petite amie notamment – d’avoir tué un phoque d’un coup de couteau, détaille le site internet des Informations dieppoises. « Selon les déclarations de son beau-frère, il s’en serait pris au phoque car il en avait [...]

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