Dieppe Interview : Emmanuel Rimbert raconte son expérience en Libye

Diplomate, le Dieppois Emmanuel Rimbert a travaillé pour l’ambassade de France en Libye pendant huit mois. De son journal personnel, il tire un livre édité aux éditions Équateurs.

18/08/2015 à 09:25 par Administrateur

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Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce livre ?

Je vivais une situation à risque et cela était un moyen de laisser un souvenir, de raconter ce que je vivais. Le journal est un genre littéraire que j’aime beaucoup.

Il faut se forcer à écrire, chaque soir ou chaque matin. Écrire un journal intime, c’est aussi une façon de se sentir moins seul. Mon journal intime est peu à peu devenu un journal sociopolitique dans un pays qui s’ensablait et où la situation est très délicate. Écrire permet aussi une catharsis. Mettre les douleurs en mots m’a beaucoup libéré des odeurs de poudre et des bruits de coups de feu omniprésents.

« A mon retour, le silence était inquiétant »

Qu’ont pensé vos proches à la lecture de votre livre ?

Je ne leur disais que très peu de chose quand j’étais en Libye, parce que je ne voulais pas les inquiéter. Beaucoup ne réalisaient pas que c’était aussi difficile. Dans ce livre, il y a deux bornes : les attentats contre l’ambassadeur des États-Unis, la veille de mon arrivée et les attentats contre l’ambassade de France, qui ont signé la fin de mon séjour.

Aujourd’hui, vous êtes diplomate à Bruxelles. Êtes-vous soulagé de ne plus être en Libye ?

À mon retour après l’évacuation, j’ai mal dormi les deux premières nuits car je n’entendais pas de tirs la nuit et le silence a été une forme d’inquiétude. Je ne regrette pas d’être parti, parce que je ne peux pas regretter d’être vivant. Mais paradoxalement, il existe une petite nostalgie du front difficile à expliquer. La situation était difficile, mais j’en garde des souvenirs forts.

« Dieppe est mon port d’attache »

Rentrez-vous souvent dans la région ?

Oui, Dieppe est mon port d’attache. J’ai travaillé dans six pays différents pendant vingt-cinq ans. En vacances, je ne cherche pas l’exotisme mais je ressens un besoin de recentrage. Je rentre donc très régulièrement à Dieppe. J’aime la mer et toutes les couleurs qu’elle peut prendre. C’est ici que je me ressource, auprès de mes amis et de ma famille. D’ailleurs après mon évacuation de Libye et avant de prendre mon poste à Bruxelles, j’ai passé beaucoup de temps à Dieppe.

Quels endroits vous plaisent particulièrement ici ?

Plus que les endroits, ce sont les lumières que j’aime. Celle du petit matin à Quiberville, ou tous les couchers de soleil. Une journée ensoleillée comme aujourd’hui à 13 h, ça ne m’intéresse pas vraiment. Je préfère la même journée, mais avec une petite pluie fine.

Pourquoi avez-vous choisi les éditions Équateurs, basées à Sainte-Marguerite-sur-Mer ?

J’ai envoyé mon livre à quelques éditeurs et j’ai reçu plusieurs réponses positives. Cela m’intéressait de travailler avec Équateurs et je tiens d’ailleurs à saluer leur travail. Ils ont beaucoup de respect pour l’écrit et notre collaboration a été agréable.

Pratique

Jours intranquilles en Libye, d’Emmanuel Rimbert

Éditions Équateurs

222 pages, 15 €.

Le 5 septembre, Emmanuel Rimbert dédicacera son ouvrage à la Maison de la presse.

Dieppe, 76

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